Comprendre la Nouvelle-Calédonie

Par Sabine et René Van Bever -  7 janvier 2021

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Nos voiles nous ont portées vers ses rivages et nous avons été éblouis par ses couleurs. Cette Nouvelle-Calédonie, nous l’avons sillonnée, ouverts à ses parfums, à ses beautés mais perplexes devant la complexité du mélange d’ethnies, de cultures et d’intérêts économiques. Notre documentaire tente de percer les mystères de ce pays en pleine mutation, marqué par un passé colonial douloureux.

Nous nous sommes bien sûr intéressés à la situation géographique unique de cet archipel paradisiaque. Ceinturé par une barrière de corail de plus de 1 600 kilomètres, le lagon néo-calédonien est considéré comme le plus grand et le plus beau du monde en raison de la beauté du récif et de la richesse de la faune marine. Depuis 2008, 60 % de sa superficie est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le climat tropical tempéré est considérée comme idéal. Il n’y fait jamais trop chaud, ni trop froid

Mais c’est en curieux plutôt qu’en rêveurs que nous avons exploré cet archipel, en allant d’abord à la rencontre du peuple premier de l’archipel, le peuple Kanak. Les ancêtres des Kanaks arrivent en pirogue entre 3000 et 1500 avant J.-C. pour peupler le territoire de la Nouvelle-Calédonie. Le premier européen dans la région est l’explorateur  britannique  James Cook qui, un matin de 1774, aperçoit cette terre qui lui rappelle l’Écosse. Il la baptise New Caledonia. La France et le Royaume-Uni se livrent par la suite à une lutte d’influence dans la course à la colonisation dans le Pacifique. La France annexe finalement la Nouvelle-Calédonie en 1853 et en fait une colonie pénitentiaire. Le premier bagne de l’archipel est construit par les bagnards eux-mêmes. Ce sont des prisonniers de droit commun, des communards, des déportés politiques condamnés aux travaux forcés. Plus de vingt mille d’entre eux seront ainsi transportés sur le territoire néo-calédonien. Ils sont les ancêtres des Caldoches, ces blancs parfois métissés d’origine européenne installés dans l’archipel depuis plusieurs générations.

Nouvelle-Calédonie – Nickel et coquillages: un documentaire de voyage de Sabine et René Van Bever.

La Nouvelle-Calédonie a connu de vives tensions au fil des ans. L’île est d’abord devenue une productrice d’un minerai emblématique, le nickel, qui a marqué l’organisation de la société. L’histoire de la présence française en Nouvelle-Calédonie est par ailleurs jalonnée d’injustices envers le peuple Kanak et le développement accéléré de l’archipel a bousculé ses repères identitaires. Au-delà de ses images de cartes postales, nous avons réalisé comment Mélanésiens et Européens doivent aujourd’hui inventer une façon de vivre ensemble et trouver un équilibre économique avec le roi Nickel. Quand nous nous sentons d’humeur pessimiste, nous nous demandons comment la France et la Nouvelle-Calédonie parviendront à apaiser les tensions entre Blancs, Noirs, Métis, Kanaks et Caldoches. Mais si nous nous laissons aller à l’optimisme, nous avons le sentiment qu’une cohabitation paisible est possible à condition que les communautés se reconnaissent entre elles. 

Comme nous l’a confié Emmanuel Tjibaou : Il faut toujours parier sur l’intelligence des hommes.

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Sabine et René Van Bever

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